METAPHORES ................

Publié le par bouchareb

La métaphore.....Voilà un sujet que bon nombre d'étudiants en architecture enfourchent sans conviction pour rajouter à leur discours un tantinet d'intellectualisme. Il est vrai que quelques esprits entreprenants avaient lancé cette "idée" dans le buit d'échapper à la médiocrité régnante. Cette réaction peut se comprendre et même se justifier par cette phobie de péricliter dans les arcanes d'une formation qui s'installe de plus en plus dans les simulacres scientifiques et artistiques.


L'usage donc des "figures" de style en architecture est convoqué dans la recherche d'un statut intellectuel et artistique , car l'architecte est impuissant devant tant d'indigence...Et la métaphore...est une perche ...Belle trouvaille.

Mais cette métaphore ne conduit-elle pas à la dépravation intellectuelle et artistique?

L'architecture est poésie....Elle est également un moment hautement artistique...C'est un "habit" social...Elle est surtout le reflet de la société...de ses valeurs, de ses normes de ses penchants de son gout et de ses dégouts....Elle est "morale", c'est-à-dire une vérité, celle du moment.

La métaphore est une analogie...Elle est mobilisée pour évoquer une situation....une piste pour apporter une sensibilité que l'architecte est impuissant de reveiller chez la société....

La métaphore appelle donc à l'association d'un ordre sensible à un ordre matériel...En quelque sorte une duperie "téléphonée". L'unicité de l'évocation métaphorique disqualifie la diversité des sens...Comme si le sublime est attaché à un ordre prédéfini et non spontané.

Le vocabulaire architectural ne se prend pas au "mot", il est dans l'ordre de l'indicible...L'espace baigné de lumière ou d'obscurité, les proportions établies dans l'harmonie et les formes enchanteresses....Toutes ces images ne commandent pas un esprit "expérimenté"....C'est dans la spontanéité que s'établit la communion.....Il n'est pas nécéssaire de faire appel à son expérience, ni son imaginaire "bien" rodé....La rencontre du sublime est le grand commencement de l'imaginaire.... Et c'est parti pour être fertile et productif...

La métaphore du "paquebot", ce n'est pas l'image qui interesse Le Corbusier, c'est plutôt le mouvement, l'habitabilité, la technicité....C'est-à-dire la mobilité créatrice et interminable...(Quelle serait l'utilité de la métaphore chez des populations qui n'ont jamais vu naviguer un bateau?   nulle...).


L'usage de la métaphore est chez le Corbusier un appui heuristique, de même que chez Ito, qui considère la ville dans la métaphore de la rivière avec ses courants contraires et impuissants ne pouvant que créer des tourbillons.....Mais l'eau coule toujours dans le même sens...

Il me semble que les étudiants en optant pour la métaphore avouent  l'improductivité de leur imaginaire....Déjà, ils manquent de gymnastique géométrique comme expression basique dans la projettation , de là à  aller titiller les  aspects hautement intellectuels ...C'est de la haute voltige...Mais imaginons la chute...

 
Imaginez que pour élaborer un projet d'une bibliothèque, ils dessinent un volume d'un livre ouvert ou d'une pile de livres...Pourquoi? Le livre c'est la Bibliothèque...C'est la réponse la plus avancée. Et pourquoi ce choix ? la METAPHORE...


En conclusion, la métaphore ne peut servir en architecture que comme appui à la recherche heuristique et non pas une comme une devinette ou une charade...Car après tout l'architecture est également solidité, commodité....... 




 

 
 
         

       

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Publié dans questions urbaines

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