DERIVES VERBALES REVELATRICES.
Les marches tentées comme manifestations pacifiques et civilisées, à Alger comme à Oran ou à Batna ne rencontrent pas uniquement l’habituel obstacle policier : la représsion est appuyée par la manipulation des « foules » s’opposant à toutes les formes de revendication aussi pacifiques soient-elle.
« El bataguia », ce vocable que le monde entier connaît depuis que le « système » egyptien avant sa chute, a réveillé pour casser la révolution du peuple, semble faire du chemin chez nous. Et comment ! A chaque sortie, des individus s’exercent dans le jeu de provocations des marcheurs pacifiques. Ce jeu pervers est encouragé par le service d’ordre. Il y voit un appui et un renfort très utile à sa démarche et pourquoi pas une légitimité à la représsion de ceux-là, venus de loin pour déranger le sommeil des « bonnes gens ».
Et comme certains algériens excellent dans l’art du dénigrement, voilà que ces contre-manifestants trouvent l’occasion d’exprimer haut et fort des attitudes bien enfouies, latentes et surtout perverses. Les vocables comme « douar » et « houma » sont convoqués pour nous « rappeler » que la république n’est qu’une vague formule figurant dans les en-têtes des documents officiels.
La télévision nationale s’y met en diffusant ces écarts. Tantôt, elle donne la parole à ceux qui « dérangés » par le bruit, préconisent aux « mécontents » du système à aller manifester dans leur « houma »…d’autres leurs intiment l’ordre de « retourner à leur douars »…
Il est clair que ces messages visent les kabyles et les chaouis….A terme, cette ségrégation aboutira à désigner les sources des « malheurs » de l’Algérie….et le lynchage a commencé..
Cependant, il y a lieu de se rendre à l’évidence : ces « contre-manifestants » ignorent les véritables enjeux…Ils ignorent que les révolutions durant toute l’histoire depuis l’antiquité, ont été initiées à partir des « douars »….et les dividendes sont partagés par les citadins...
Ces douars sont exclusivement les dépositaires des cultures nationales…Ils donnent le cachet à la personnalité de base…sa fierté, sa force et son originalité. Rappelons que ces « néo-citadins » qui s’arrogent le droit de « renvoyer » l’autre à son douar, se sont faits remarquer durant l’histoire (même contemporaine) par leur «délation », leur « féminité » et surtout à tout « monnayer » pour conserver leurs faveurs.
Et pour avoir une idée sur cette « vérité », il faut revoir Algérie. Nation et société de feu M.Lacheraf. Lui, il se serait « fait » exploser s’il avait été témoin de ces écarts verbaux.
Cependant, étonnant reste ce silence des membres du gouvernement. Il y a bien des « douaristes » ou bien le cachent-ils ? Et surtout qu’ils ne disent pas que c’est un verbiage de « gamins »….Ce verbiage est « officiellement » amplifié par l’ENTV… Il devient un argument aussi valable que « les marches spontanées »….
Quant aux contre-manifestants , il vaut mieux qu’ils réécoutent le fameux tube de A.Meskoud « El assima »…et ils verront qu’ils sont des envahisseurs….