La formation de la cité

Fustel de Coulanges définit le processus conduisant à la formation des cités dans l’antiquite: le principe fondateur et régulateur étant la religion, constituant le premier moyen developpé ou inventé par les primitifs pour fonder des sociétés organisées.
En effet, l’observation des cultes s’inscrit dans une périodicité marquée également par la consécration de rituels . Ainsi, les règles comportementales et les croyances se forment, aboutissant à la fin à un ensemble d’institutions régissant la vie en société, imposant un système de contôle (la morale) et garantissant sa perennité.
« La comparaison des croyances et des lois montre qu'une religion primitive a constitué la famille grecque et romaine, a établi le mariage et l'autorité paternelle, a fixé les rangs de la parenté, a consacré le droit de propriété et le droit d'héritage. Cette même religion, après avoir élargi et étendu la famille, a formé une association plus grande, la cité, et a régné en elle comme dans la famille. D'elle sont venues toutes les institutions comme tout le droit privé des anciens. C'est d'elle que la cité a tenu ses principes, ses règles, ses usages, ses magistratures. »1.
En effet, de l’unité domestique à la famille, puis à la phratrie (grecque) ou la curie (romaine), le regroupement s’établissait à mesure que les hommes sentent qu’ils adoraient les mêmes divinités. Ces unions se developpaient jusqu’à aboutir à des Cités-Etats où la société, régie par des lois (nomoi), se maintenait par son attachement à des divinités protectrices, auxquelles elle vouait une adoration assortie d’un ensemble de rites et d’observances.
Ces pratiques rituelles se déroulaient dans le même lieu autour d’un autel ou dans un temple, « habité » par les divinités ou par « l’esprit » de l’ancêtre.Ce lieu acquiert par conséquent une sacralité et une valeur fondatrice de la ville.
En polarisant l’intérèt des individus et en s’érigeant en lieu de forte symbolicité, ce territoire inaugure une des premières topies fondamentale pour l’établissement de la ville.
Le culte de l’ancêtre avait contraint au maintien de ces groupes autour d’un lieu de culte, instituant le sens du devoir, l’ordre de la succession et les règles de l’organisation domestique et tribale.
La cité découlait d’une organisation socio-politique, adoptée par la confédération de tribus et des phratries, chez les grecs, des curies chez les romains, évoluant vers une appropriation territoriale, donnant finalement naissance à la ville.
Aussi conventionnelle, la cité est un acte volontaire d’une population décidée de vivre en communauté, procédant aux mêmes pratiques cultuelles et obéissant à des lois instituées d’où le qualificatif de citoyen.
La citoyenneté découle donc d’une isonomie, égalité devant la loi, du degré de liberté et du droit de participer aux « res publica. »2.
1. R Fustel de COULANGES la cité antique.Imp.Saveraisses.1959
2. Terme latin signifiant « chose publique », d’où, le terme République.
A.BOUCHAREB