QUAND LA MEMOIRE VIENT A MANQUER.....
Doit-on ignorer les "malfaçons" urbanistiques lors du partage des responsabilités individuelles après les catastrophes "urbaines"?
Y a-t-il une responsabilité "urbanistique" en cas d'ignorance des risques encourus (et éventuels) dans une situation urbaine?
Hier Ghardaia, quelques années avant, c'était Alger......C'est dire qu'effectivement les catastrophes naturelles sont "immanentes", cependant la responsabilité urbanistique, censée principalement prévenir certains risques, incombe à des compétences assez initiées pour "empêcher" de grandes pertes de vies humaines.
Ghardaia et ses cités ont toujours constituées non seulement une "leçon d'architecture", elles renseignent également sur les modes d'établissement humains: la SITOLOGIE, cette "science" que tout le monde semble bouder...
Bien sur, la technologie favorise ces attitudes de démiurge chez les humains, mais la nature reste redoutable.
A Ghardaia, il ne semble pas que c'est la high-tech qui a fait défaut...Ce sont plutot les "pêchés" capitaux, qui, pour "gagner" quelques parcelles, ont sacrifié quelques 33 malheureux.
Ou bien les urbanistes de la ville ignoraient que l'oued traversant la vallée peut lui arriver d'être dangereux, et c'est GRAVE. Ou bien, ils le savaient, et c'est doublement grave ( et c'est un crime).
En effet, la prise en considération des "risques urbains" est devenue essentielle dans les opérations urbanistiques.
En les ignorant les pertes humaines et matérielles seront considérables. Alors pourquoi "investir" des fonds, faire la ville sur les rives d'un oued dont les crues (d'une périodicité de 50 ans) sont connues pour être dévastatrices?
Aujourd'hui, quelques souvenirs montent à la surface en rappellant qu'une inondation pareille avait déjà frappé la vallée du Mzab il y a 50 ans....Tiens, il y a une mémoire !
Pourquoi ces concepteurs de la ville n'ont pas regardé autour d'eux...? Et pourtant les cités de la pentapole sont toutes perchées, cherchant visiblement les versants exondés, laissant intact l'oued au creux de la vallée (même asséché).
Voici donc la véritable MEMOIRE....Pour ces anciens la vie des individus était plus importante que ces parcelles foncières gagnées sur les bords d'un oued menaçant; même s'il reste en état de dormance durant des décennies.
Il faut dire ce qu'il est en: un urbaniste est foncièrement et éternellement responsable de ses oeuvres....
Cette responsablité se meut en impuissance quand il s'agit d'affronter "les politiques".....Ces derniers sont là pour assurer un prochain mandat (leur vie se mesure en mandat), en s'appuyant sur un populisme ravageur. Il faut bien gagner des voix et des appuis quitte à construire sur des champs minés....L'essentiel, c'est qu'ils ne sont pas responsables quand le boum se déclenchera.....La responsabilité incombera à celui qui a la compétence "technique" requise: l'urbaniste.
A quand des urbanistes "majeurs" et vaccinés?
Je connais un autre cas ou le risque d'inondation est complètement ignoré par des "urbanistes" (au statut de conseillers) ayant aujourd'hui le vent en poupe: Constantine, précisemment BARDO....
Ce quartier attenant au centre-ville, se singularise ces derniers temps par des évenements qui continuent à alimenter les colonnes journalistiques (écrites souvent par des plumitifs en herbe), est destiné à offrir l'image de Dubai dans la métropole tant souhaitée.
Après tout pourquoi pas, après, Dallas, EL Qahira, New York....Dubai c'est de arabo-musulman dernière génération....
Cependant, chez les sexagénaires Constantinois le souvenir du "déluge" de 1957 reste vif.....Le Bardo était submergé lors d'une crue du Rhummel.... Il ne faut pas être très perspicace pour imaginer la situation, il suffit de regarder la bouche au niveau du Pont du Diable et de scruter le rapport au Bardo...et vous aurez votre "mer
intérieure"...(à l'occasion, on pensera peut-être au "Palmiers de Dubai"...).
D'ailleurs à la confluence du Rhummel/Boumerzoug (El aquas, l'aqueduc romain), le terrain n'a jamais été "construit". Cependant l'on constate ces dernières années que la "rue de Roumanie" connait un terrible investissement: des villas avec des RDC bien achalandés....alors qu'avant ce n'étaient que de grands hangars et de dépots datant de la colonisation, point d'habitations. C'est-à-dire, qu'avant 62, l'administration françaises n'a pas jugé utile d'occuper ces lieux tant le risque était estimé grand....
Quand j'entend que dans les parages, un Centre de Congrès pourrait voir le jour.....
ET pourtant je me souviens d'une inondation qui a submergé la Gare routière...il y a quelques années.
Le mauvais élève est celui qui boude sa mémoire....Il n'en tire aucun enseignement....
Pour un urbaniste, ignorer le "genius loci" relève de l'incompétence.....................
Le mauvais est incompétent et l'incompétent est mauvais....
A.BOUCHAREB