La reception sociale, un enjeu de la gouvernance.

Publié le par bouchareb

J'apprécie l'honneur que vous me faites par votre docte commentaire. Au fond, ce n'est nullement un rebondissement superficiel, bien au contraire, le style incitatif pour  developper les portées "cachées" de certaines questions fondamentales,  dénote un esprit rompu aux formes pédagogiques les plus efficaces .    

Je crois comprendre que les pratiques "procédurales"  dans les modes de gouvernance montrent quelques insuffisances, tant la "reception" des projets se mesure à leur (ré)appropriation par les usagers. Mon approbation serait insufisante si je ne propose pas à la manière d'Ascher un accompagnement du procédural par une "rationalité substantive". 

Dans cette dernière catégorie,  l'absence de "décision" ou de priorité octroie à l'usage un large éventail des modes d'appropriation (et même des détournements/retournements). Ainsi le produit proposé ne s'achèvera que dans l'appréciation de l'usager. Dans cette reception, la patrimonialisation constituera la forme "finale", symbolique, affective ou sacrée de tout produit chargé "socialement. Et cette forme de reliques est à classer dans le registre des usages sociaux symboliques.

Dans ce sens, il est possible pour les intervenants sur l'espace (architectes, urbanistes, paysagistes...) de proposer à l'usage des formes ouvertes et des formes variables. Ainsi, la signification des "interstices" est laissée aux bons soins des usagers. Ce prédicat "socio-spatial" inspiré des réflexions des sémioticiens, ne doit pas s'encombrer des modes d'achèvement  et des receptions définitives, il s'applique à donner quelques libertés aux usages pour insérer des signifiés, correspondant souvent aux conjonctures, aux modes de pensée des générations et même au multiculturalisme.  

Entre "ouverture" et "variabilité", le jeu s'emploie à définir la liberté et  l'ordre, mais sans les figer. C'est également dans ces catégories que la construction "sociale" s'accomplira et commandera  l'agrégation en amont.  

Dans le même sens, Derrida situe le déconstructivisme dans l'interrogation de la cloture et de la fin.  Certains architectes ont enfourché cette idée pour justifier des "oeuvres" disloquées, dessinées "les yeux fermés" .... Mais, leur edifices sont achevés. La facticité employée ne peut pas conduire à une "vérité" esthétique, mais à une curiosité "juvénile", rapidement demystifiée.

Tant que la "rationalité substantive" n'aura pas comme principe l'accomplissement et  l'achèvement, elle favorisera l'agrégation des intérêts. Ainsi, dans cette synergie,   
la reception doit constituer l'enjeu majeur, non comme mode rapporteur et figé, mais comme principe d'ordre et de liberté.
             

Publié dans questions urbaines

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